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NGUYEN VAN TAM par lui même

NGUYEN VAN TAM par lui même

De NGUYEN VAN TAM

Préface

Écrire une préface pour un livre est un honneur important pour que l’on savoure ce plaisir, avant de trouver les mots qu’il convient pour, en quelques lignes, tirer la quintessence des pages manuscrites que l’auteur du livre vous confie.

Rédiger la préface du livre de la vie de Monsieur Nguyen van Tam est un bonheur dont je mesure la plénitude et l’événement.
Ce livre d’une vie, je l’ai lu d’une traite, avec curiosité d’abord, puis avec passion ensuite. J’espère, futur lecteur, que vous prendrez autant de plaisir que moi à découvrir à travers ce récit, la richesse intellectuelle d’un éternel gamin de 89 printemps, qui termine son livre sur cette phrase savoureuse en découvrant sa nouvelle passion la peinture : « j’étais en route pour devenir un modeste créateur de futures toiles de Maître !
Des rives du Mékong au bord de la Garonne… », c’est aussi le titre que je pourrais offrir à ce parcours hors du commun, que représente la vie assez fantastique de « Nguyen Van Tam par lui-même », dans son périple d’une vie exceptionnelle sous toutes ces facettes !
Comment l’enfant de Go Cong et de cette Cochinchine mystérieuse pour les Occidentaux de ma génération a-t-il décidé un jour de poser ses valises à Tonneins ? C’est la destinée, vous répondront certains, mais en ce qui me concerne, je crois plutôt à cette force occulte qui pousse certains à toujours chercher plus loin les découvertes et les limites d’une vie personnelle que l’on veut enrichir et combler.
De Cholon à Tonneins, la vie de Nguyen Van Tam ne fut pas un long fleuve tranquille. C’est le récit d’une longue vie aventureuse et passionnée dans tous les domaines. Sous l’éternel sourire qui éclaire son visage, c’est tout le charme et l’exotisme de ce monde fascinant de l’Orient des années 30, qu’à su si bien dépeindre notre Marguerite Duras à travers ses ouvrages.
C’est dans les années 97, 98, que j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer Nguyen Van Tam : j’étais alors maire de Tonneins et il avait choisi cette ville pour y passer une retraite paisible. Tout naturellement, avec cette courtoisie si caractéristique du monde oriental, il venait se présenter au premier magistrat de la commune. La rencontre fut lumineuse, j’en garde un souvenir fort, encore aujourd’hui, tellement j’ai été marqué par cette entrevue intemporelle autour du personnage et de son énigmatique sourire.
Nous avons immédiatement sympathisé autour d’un thème qui nous est cher à l’un comme à l’autre, la culture et en particulier le dessin et la peinture.
Comme il le dit lui-même dans le récit de sa vie : «Nous nous sommes fixés en Lot-et-Garonne pour y couler des jours paisibles. C’était compter sans la palette et les pinceaux qui n’allaient pas tarder à m’accaparer plus que de raison ».
À l’automne de sa vie, il s’est découvert une nouvelle passion, la peinture, et c’est avec frénésie qu’il s’est mis à peindre sur les thèmes chers à ses origines.
Cerise sur le gâteau dans son œuvre picturale, il fait rentrer Tonneins dans l’histoire de l’art : après le Cubisme de Picasso, il y a désormais le Galbisme de Nguyen Van Tam, puisque son nom va rester associé à cette trouvaille picturale qui va l’inscrire dans le monde fermé des grands peintres de notre époque.

Voilà ce que j’avais envie d’écrire sur ce personnage attachant, mystérieux, tellement sympathique !
De cette rencontre insolite, entre l’enfant du Mékong et l’enfant de la Garonne que je suis, mon plus grand plaisir est d’imaginer les questions que doivent se poser les visiteurs qui passent à Tonneins et qui découvrant notre merveilleuse Garonne cherchent vainement à comprendre ce que peut faire ce pêcheur « chinois » les pieds dans notre fleuve gascon !
Merci Nguyen Van Tam de m’avoir convaincu que le trait d’union entre nos deux civilisations, l’Orient et l’Occident, passait par cette magistrale sculpture.

Jean-Pierre OUSTY
Ancien maire et conseiller général de Tonneins